Bienvenue en 1984 !

En quelle année sommes nous réellement ? Il est vrai en faisant tourner cette question dans nos esprits on aura tendance à répondre naïvement la date qui s’affiche sur notre écran.

J’ai une toute autre suggestion à vous proposer : 1984

Pourquoi cette année en particulier ? Eh bien pour annoncer cela, je ne me base pas sur une nouvelle interprétation d’un événement historique ou un calendrier hypothétique mais plutôt sur une œuvre que je vous invite à relire ou visionner.

Big Brother

La fameuse histoire de George Orwell. N’en ferais-je pas un peu trop ? Peut être mais plus je regarde par ma fenêtre, plus je me pose cette question.

Big Brother n’est finalement pas une dictature mais un mode de vie que nous avons accepté à bras ouverts. Pourquoi ?

Parce qu’il nous est apparu comme une simplification de notre mode de vie. Vous commencez à voir où je veux en venir ? Continuons.

Aujourd’hui quelques entreprise savent tout de vous. Plus que vos proches.

Ces entreprises je remets leur idéal en question ici. Je vous parle de mastodontes de l’information. On entend souvent la phrase information=pouvoir, mais alors si des entités comme Google et consorts disposent de toutes nos données que nous leur avons donné sans parfois le remarquer, ont-elles tout pouvoir sur nous ?

Leur réponse sera que non. S’ils collectent des données ce n’est que dans le but d’améliorer leurs systèmes et nous proposer des services toujours plus performants.

D’autres vous répondront qu’en achetant des données de citoyens vous pouvez gagner une élection démocratique.

Le tableau commence à se dévoiler sous vos yeux.

Nous revoyons tous cet écran gigantesque dans la chambre du protagoniste de 1984 affichant la tête de Big Brother et analysant ses moindres mouvements. Démarrez maintenant votre smartphone et dites moi quelle marque ressort le plus souvent de votre écran.

Nous n’avons rien à cacher. Effectivement. Et ce n’est pas parce que nous avons une vie exemplaire, mais parce qu’en quelques clics vous obtiendrez plus d’informations sur une personne en ligne que les meilleures agences de renseignement aux heures les plus sombres de notre histoire.

J’exagère ? Pas tant que ça. Aujourd’hui les grosses entreprises de la tech vendent leurs innovations aux gouvernements ou aux agences de renseignements. Et s’ils ne le font pas, on trouvera des sociétés intermédiaire le faire avec l’accord de nos chers sites préférés.

Et vous découvrez ébahi le scandale PRISM. Eh oui, la NSA, agence de renseignement Américaine a la possibilité d’accéder à la quasi totalité des datacenters du pays, possède des backdoors dans les équipements des opérateurs de télécoms ou sait casser certains algorithmes de chiffrement garantissant notre anonymat en ligne.

Mais c’est aux Etats Unis, en France on est dans un pays beaucoup plus respectueux. Effectivement, la France ne possède pas d’entreprises technologiques capables de rivaliser avec un Google ou un Facebook.

Alors tout va bien ?

Non. La France possède un organe de renseignement qui scrute toutes nos communications : la DGSE. Ils écouteraient donc nos communications ? Oui et ils n’ont pas besoin de détourner de trafic réseau. Orange leur offre gracieusement le câble pour se connecter. Et c’est ainsi que la France a commencé a espionner ses propres citoyens dès les débuts d’Internet et même certains autres pays.

Oui mais tout cela c’est pour la lutte contre le terrorisme c’est plutôt une bonne chose.

Exact. Mais pour que cela soit un minimum efficace il faut que tout le monde y passe.

Bon d’accord on est espionnés, mais 1984 c’est aussi la censure. Google nous donne libre accès à un grand nombre d’informations.

Oui, mais sur ses premières pages de recherche on retrouvera surtout des sites sponsorisés. Alors l’information dont vous disposez provient de celui qui payera le plus cher.

Google recommande d’abord ses services au détriment des autres directement depuis son moteur de recherche. Ils sont d’ailleurs attaqués pour abus de position dominante.

Bon je suis mauvaise langue Wikipedia est aussi affiché dans les premières pages. Mais le site d’un scientifique publiant des articles dans un domaine précis sera ainsi moins facilement dans les premiers résultats.

De plus Google peut se permettre de bannir certains sujets. Ainsi si vous êtes climato-sceptique (c’est un exemple souvent présenté), vous ne trouverez pas d’information à ce sujet dans les premiers résultats. Cela vous prive d’une certaine manière de penser ce que vous voulez. Google sait plutôt ce qui est bon pour vous.

Il en va de même pour les contenus rémunérés. Google premier publicitaire du Web refuse de rémunérer certains contenus de sites.

Pareil pour Facebook. Vous ne verrez jamais les publications de certains de vos amis. Pourquoi ? Parce que Facebook juge que vous ne partagez pas les mêmes centres d’intérêts.

Et désormais pour lutter contre la désinformation, les sites s’autorisent le droit de supprimer certains contenus (en fonction d’un grand nombre de signalements ou simplement parce que la publication contient certains mots clés).

Pour finir, dans 1984 d’Orwell, les continents sont en guerre. Eh bien nous aussi. Une guerre idéologique et économique opposant les États Unis et la Chine. Chacun nous écrasant avec leurs services contre lesquels nous n’arrivons plus à rivaliser. Et nous sommes coincés dans cette réalité binaire ou chacun des deux se critique mais commet les mêmes exactions. Deux puissances de la technologie nous fournissant leurs services numériques réduisant notre liberté et bafouant notre vie privée.

On se rapproche du tableau de 1984. La fin du film se termine d’ailleurs sur cette phrase prononcée par le héros. “J’aime Big Brother.” Oui, vous aussi vous aimez Big Brother.

Vous y revenez tous les jours et ne songez même plus aux alternatives. Car au fond,vous vous en fichez vous avez accepté votre sort docilement. Il est trop tard pour s’en sortir. Seul le manque de matières premières contraindra l’essor de ces dictatures du 21ème siècle et devinez quoi ? C’est pour bientôt!


Sources :

Le Monde DGSE et surveillance de masse

WashingtonPost PRISM

Wired Cambridge Analytica et l’élection Américaine

Seo Le référencement Web

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